vous êtes ici : accueil > Vie de l’agent > Santé
Merci au camarades de la CGT FIP 13, pour se compte-rendu du Csal FS du 3 septembre 2026, très proche de ce que l’on constate à la DGFiP dans son ensemble.
– La médecine du travail constate que la charge de travail importante reste le ressenti prépondérant et est en augmentation par rapport à l’année précédente.
Comment ne pas faire le lien avec le taux de couverture des emplois/effectifs à la Drfip 13 qui s’établit pour 2025 à 83,68 % ! Il était de 86,23 % en 2023. Soit moins 81 emplois à la Drfip 13 en 2025 !
– La médecine du travail constate que « les ressentis de conflit, manque de soutien, sentiments d’injustice reflètent la dégradation des rapports sociaux ».
Comment ne pas faire le lien avec la casse des droits et garanties (moins de droits = plus d’arbitraire et de dépendance hiérarchique) et l’organisation du travail génératrice de risques psyco-socio-organisationnels ? (Cf. Droit d’alerte des agent·es de l’accueil du SIP Prado par exemple !!).Où encore avec le compte-rendu d’évaluation professionnelle qui est l’outil de la dépréciation professionnelle en même temps que celui qui essentialise les objectifs individuels du travail prescrit en faisant fi du travail réel !
– La médecine du travail constate que « La pression temporelle forte est rapportée le plus souvent à des objectifs quantitatifs de plus en plus importants ».
Comment ne pas faire le lien avec le management et sa matrice « courbe du deuil », avec des indicateurs qui deviennent des objectifs et la pression mécanique des pôles métiers ?
– La médecine du travail constate que « les mauvaises conditions au travail font référence le plus souvent à la gêne sonore liée au bruit ambiant dans les nouveaux espaces de travail ouverts ».
Comment ne pas faire le lien avec la circulaire Borne et la politique immobilière de l’état sur la flexibilité du travail... au travail qui ne fait plus collectif mais se réduit à un espace de production ?
Enfin, dans un contexte où le taux de suicide à la DGFIP a été deux fois supérieur à la moyenne nationale en 2025, alors que nous avons connaissance à ce jour de 5 (peut-être 6) suicides et de 25 tentatives à la DGFIP, la CGT Finances publiques 13 tient à rappeler que le ministère de la santé (source : sante.gouv.fr) dénombrait en 2024 un nombre de 8848 suicides dans la population et estimait les tentatives à 200 000.
Soit un rapport de 1 suicide pour 23 tentatives.
Aussi la CGT, tout en déplorant les passages à l’acte, doute sérieusement du nombre de tentatives rapporté « officiellement ». Le plan national de prévention du risque suicidaire n’a été validé par aucun syndicat.
C’est dans ce contexte dramatique que la DGFIP affiche ses priorités : le NRP 2 !
Tandis qu’une fois de plus les agent·es de la Drfip 13 confirment dans l’observatoire interne comme prioritaire des moyens humains, l’écoute et la communication et l’augmentation des salaires, le « top management » participe activement et en catimini à la mise en place de la version 2 du NRP.
Ainsi l’investissement professionnel des agent·es – au cas particulier celles et ceux des antennes SPF et CDIF de Tarascon, qui tiennent les missions à bout de bras, qui font tourner les services – qui doivent se justifier comme tous les autres de la quantité de travail sur des tâches pourtant de plus en plus segmentées et génératrices de la perte de sens du travail, se retrouvent de fait, devant un oukase : ou tu suis la mission à Aix-en-Provence ou tu devras te réorienter sur une autre mission, réapprendre un métier, peut-être dans un service pas trop éloigné de là où tu habites, mais ça c’est pas sûr.
C’est un recul du service public.
C’est de nouveau l’abandon de la proximité et de la pleine compétence d’une partie des usagers.
Ici peu de jérémiades sur la mobilité raisonnée et le bilan carbone des déplacements dont la Drfip 13 se fait pourtant le parangon. Tarascon Aix c’est 200km aller-retour, voiture obligatoire.
Et enfin, c’est bien sûr violent pour les agent·es de ces services.
La prime de restructuration fait partie de la déprime.
En amont de ce NRP 2 ( qui court jusqu’à 2030 sauf s’il est arrêté avant), la DG a imposé un référentiel emploi qui liquide les dotations en emplois budgétaires par catégories et par services.
Il s’agit de procéder à un nivellement par le bas de la « force de travail » existante et suffisante selon la DG et la Drfip 13 et d’exiger toujours plus de polyvalence.
« Si tu n’y arrives pas, c’est pas parce que tu n’as pas assez d’emplois dans ton service, c’est que t’es pas bon » Le référentiel emploi te salue ! Voilà ce que veulent faire résonner les inventeurs du référentiel emploi dans la tête des collègues, voilà ce qui génère de la suspicion et des notes de service vexatoires, dans une logique de pressage de citrons. Nous avons d’ailleurs interpellé la direction locale sur la dernière en date en exigeant que cette note de service comminatoire soit retirée.
La réponse de la direction locale valide cette note de service : nous assistons ainsi à un renversement administratif de la maxime de Montesquieu selon laquelle « Une injustice faite à un seul est une menace faite à tous ».
Enfin, le référentiel emploi, c’est aussi un puissant levier pour contribuer au précariat avec le recrutement de contractuels en lieu et place d’emplois statutaires pour combler les vacances d’emplois. L’insécurité comme critère de gestion des ressources humaines, comme le reste.
Évidemment, tout cela ne va pas améliorer les conditions de travail ni la charge mentale des agent·es de la Drfip 13 !
A chacun ses priorités, à chacun sa sincérité.
Pour la CGT, c’est clairement :
– la défense des intérêts moraux et matériels des agent·es,
– la défense de la dignité au travail, y compris sur des notes de service vexatoires ou des procédures disciplinaires engagées sur ce qui, avec un peu de discernement, ne devrait pas systématiquement assimiler une erreur à une faute.
– un service public fiscal, économique et financiers qui réponde au besoin de la population avec les moyens nécessaires pour accomplir ses missions.
– un service public qui respecte les trois principes républicains : la continuité, l’égalité de tous devant le service public et l’adaptabilité aux besoins des usagers.
Ces dernières semaines la DGFIP a défrayé la chronique.
D’abord sur les résultats du contrôle fiscal (qui ne sont pas bons) comme le confirme le rapport de la commission des finances de l’économie générale et du contrôle budgétaire de l’Assemblée Nationale.
Puis c’est le piratage des données personnelles, professionnelles, cadastrales et domaniales.
Désormais se profile à l’horizon la facture électronique.
Le point commun, ce sont les milliers de suppressions d’emplois à la DGFIP et les choix stratégiques qui veulent faire passer des vessies pour des lanternes avec des éléments de langage usés jusqu’à la corde par nos gouvernants et l’administration.
Faut dire que notre ministre – enfin le ministre des comptes publics d’un gouvernement illégitime- n’a d’autre réponse que de s’excuser et de nous trouver « tatillons » sur la TVA.
Pour l’attractivité et le point d’indice, il ne s’excuse pas, il nous méprise.
C’est pour tout cela que nous serons en grève le 29 septembre, nous manifesterons avec l’ensemble de la fonction publique.
Personne ne viendra à la manif en jet-ski.
Article publié le 3 septembre 2026.